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Le Karaté
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Les origines du karaté remontent à plus de 400 ans dans l'île d'Okinawa, île principale de l'archipel des Ryu-Kyu , située entre l'île de Taiwan, le Japon et la Chine.
La Chine entretient dès le Xème siècle des rapports commerciaux avec l'archipel des Ryu-Kyu. Ces rapports permettent à de nombreux experts de boxe chinoise de se rendre à Okinawa, et aux Okinawaiens de se rendre en Chine.
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L'archipel des Ryu-Kyu est envahi par le Japon en 1609, et les armes y sont dès lors interdites afin d'éviter toute rébellion. Les techniques de combat à mains nues prennent alors une nouvelle importance et leur transmission se fait de maîtres à disciples dans le secret. Les entraînements se déroulent le plus souvent la nuit et les techniques sont améliorées afin de les rendre aussi efficace que possible. Le secret entourant l'enseignement de ces techniques rend difficile l'établissement d'une généalogie du karaté de cette époque et les grands maîtres de l'époque resterons inconnus. On sait toutefois que l'art du combat à mains nues se développa surtout en trois endroits : la ville portuaire de Naha, la capitale Shuri et le village de Tomari. Chacun de ces endroits donnera naissance à un style de Karaté portant son nom.
Le Naha-Te, qui donnera plus tard le Goju-ryu et l'Uechi-ryu, se caractérise par des mouvements puissants. C'est un art plutôt défensif, provenant des techniques de combat du sud de la Chine. Il possède de nombreuses techniques en contraction et accorde une grande importance à la respiration et au contrôle de l'énergie interne.
Le Shuri-Te, connu aujourd'hui sous le nom de Shorin-ryu à Okinawa et qui donnera au Japon le Shotokan et le Wado-ryu, se caractérise par des mouvements plus dynamiques et plus rapides ainsi que par une respiration naturelle. C'est un art plutôt offensif, provenant des techniques de combat de la Chine du nord telle que le Shaolin Kempo.
Le Tomari-Te est considéré comme une ramification du Shuri-Te car le village de Tomari étant situé proche de Shuri, les échanges entre les deux communautés furent fréquents.
Le Shorin Ryu
Un des premiers maîtres dont le nom est resté dans l'histoire des arts martiaux okinawaiens est Tsuken Uekata Morinori (1624-1709). Celui que l'on considère toutefois comme l'initiateur du Karaté d'Okinawa est Tode Sakugawa (1762-1843). L'art martial qu'il pratiquait, le Tode, était un mélange du Shuri-te pratiqué par les samouraïs de la cour du roi de Shuri et de Kempo chinois. Sa formation a commencé lorsqu'il est devenu élève de Kusanku, alors représentant militaire chinois à la cour. C'était un maître de Kempo reconnu pour son aptitude au combat et son enseignement aura grâce à Tode Sakugawa une grande influence sur le développement futur du Shuri-Te.
Le plus célèbre disciple de Tode Sakugawa est certainement Sokon Matsumura (1809-1899). Issu d'une famille noble, Sokon Matsumura était garde du Prince au palais de Shuri. C'est grâce à cette fonction qu'il bénéficia de l'enseignement du maître chinois Iwa, qui lui apporta sa connaissance de l'art du combat. Sokon Matsumura instaura un véritable système d'enseignement pour sa méthode de combat auquel il donne le nom de Shuri-Te. C'est grâce à cette méthode d'enseignement qu'il est aujourd'hui possible de faire remonter toutes les généalogies du Karaté d'Okinawa à Sokon Matsumura. Celui-ci aura de nombreux disciples dont Anko Itosu (1831-1915), Chotoku Kyan (1870-1945), Kentsu Yabu (1865-1945) ou encore Anko Azato (1827-1906).
Anko Itosu introduisit l'enseignement du Karaté d'Okinawa dans les écoles de l'île. Se rendant compte que les katas originaux hérités de ses prédécesseurs étaient trop compliqués pour les collégiens, il créa en 1907 les cinq katas Pinan à partir des katas Kusanku, Passai, Chinto et Jion. C'est également à cette époque qu'il divisa le kata Naihanshi en trois parties pour en faciliter l'apprentissage. Parmi ses disciples, on trouve Choshin Chibana (1885-1969), Gichin Funakoshi (1868-1957), qui fondera plus tard le Shotokan, ou encore Kenwa Mabuni (1890-1952), futur fondateur du Shito-ryu.
Choshin Chibana qui fut l'élève de Anko Itosu dès l'âge de 15 ans et lui resta fidèle jusqu'à sa mort, ouvrit un dojo en 1920 à Shuri. En changeant les idéogrammes utilisés pour écrire Shorin-ryu, il nomma son style Kobayashi-Ryu, qui est la transcription okinawaienne de Shaolin (petite forêt). En 1956, il devint le premier président de l'Okinawa Karate-Do Renmei. Parmi ses élèves, on trouve en autre Yuchoku Higa (1910-1995), Katsuya Miyahira (1918-), Shuguro Nakazato (1919-) et Joki Uema (1920-).
Les spécificités du Shorin-Ryu
L'entraînement dans le karaté Shorin-ryu est un mélange de techniques plus ou moins dures. En règle générale, la pratique débute par l'apprentissage des bases : blocages, attaques, positions et projections. Cet apprentissage se fait aussi bien seul qu'avec un partenaire. Le kote kitae, un ensemble de techniques de durcissement, est pratiqué parallèlement aux bases pour habituer le corps aux contacts. Une fois les bases assimilées, le pratiquant passe alors aux techniques suivantes qui comprennent les katas de bases et leur bunkais. Ceux-ci utilisent les déplacements et les esquives. Le pratiquant commence alors à utiliser son corps entier en exécutant une technique, qu'elle soit défensive ou offensive. Une fois qu'il est devenu habile dans ces techniques, il passe au niveau suivant : les katas avancés et leurs bunkais.
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